1979

Becquelin, Hélène

2020, 159 pages, 22€

27,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-184-1
Dans une ambiance de fin des seventies, Hélène Becquelin démarre une nouvelle série de bandes dessinées et raconte son adolescence solitaire et décalée par rapport à son entourage. La découverte du punk rock va bouleverser sa vie : c'est le début d’autres horizons culturels et géographiques qui vont « accessoirement » lui sauver la vie !

Avec son point de vue féminin et distancé du milieu rock en Suisse romande de cette époque, l’auteure nous propulse vers son adolescence explosive dans le Lausanne de la fin des 70’s et nous montre comment une jeune provinciale arrive dans la « grande » ville, découvre le Sapri Shop, le Centre autonome, les punks de la Dolce vita …

 

Soirée de lancement samedi 29 août à La Datcha !

Dans le cadre du Déconfinature!!! de BDFIL à Lausanne, une soirée festive et musicale s'organise pour le lancement de la BD

Dès 18h, venez dédicacer votre livre et rencontrer Hélène Becquelin
Dès 20h/21h, écoutez votre corps ou faites danser vos oreilles aux sons des morceaux mythiques qui ont marqué la fin des années septante, avec un DJ set "spécial 1979" concocté par l'auteure et ses amis Djettes aux platines et une projection des planches extraites du livre.

A La Datcha, Côtes de Montbenon 13, 1003 Lausanne (Flon)
Samedi 29 août dès 18h (jusqu'au petit matin)

Playlist de la BD disponible sur 1979laBD.com

 

Exposition des dessins originaux chez Papiers Gras à Genève

Vernissage de l'exposition et dédicaces jeudi 17 septembre
Exposition jusqu'au 17 octobre 2020
Papiers gras, 1 place de l'île, 1204 Genève

 

Dédicaces en Romandie

Lausanne: samedi 29 août de 18h à 20h à La Datcha
Morges : du 4 au 6 septembre au Livre sur les quais (espaces "dédicace" malheureusement annulés - se référer au programme)
Fribourg : samedi 12 septembre de 14h à 16h à la librairie La Bulle
St Maurice : samedi 19 septembre de 15h à 16h30 à la librairie St Augustin
Lausanne : samedi 26 septembre de 10h30 à 12h chez Payot

disquaire 1979 v

©Hélène Becquelin

joy division 1979 v

disquaire 1979 vimage.png

disque 1979 v

ill walkman 1979 v

 ©Hélène Becquelin

 

 


Hélène Becquelin: "la musique punk m'a sauvée"

Hélène Becquelin, dite "Angry Mum" (la maman en colère), raconte son année 1979 dans un roman graphique tout juste sorti des presses de la maison d’édition lausannoise Antipodes.

Hélène Becquelin pratique l’illustration, le graphisme et la BD sous une forme largement autobiographique. Elle se met d’abord en scène sur un blog, "Angry mum", qui va être à l’origine de son succès au cours des années 2000. Ses dessins la font découvrir mégère tendance bobo, mais douée de beaucoup d’autodérision. Elle a déjà exploré son enfance dans deux albums intitulés "Adieu les enfants", tome 1 et 2.

Elle s’attaque dorénavant à l’adolescence, période de tous les dangers… et des grandes illuminations aussi! "1979", année de ses 16 ans, raconte l’histoire d’une adolescente en décalage, qui va finalement trouver sa voie, sa tribu, grâce à la musique punk et retrouver espoir en l’avenir grâce à la vitalité de ceux qui pourtant criaient "no future".


Un "coach mental" pour l'accompagner

Cela commence par une séance au cinéma, le film de Milos Forman "Hair" vient juste de sortir, tout le monde trouve ça génial sauf elle. Il faut dire aussi que, dans "1979", il y a un drôle de personnage qui accompagne l’auteure pas à pas, une longue ombre noire, qui n’a pas de nom, qu’elle est seule à voir, qui lui parle, qui commente tout ce qu’elle fait, la critique souvent, est parfois un peu dépassée: c’est sa dépression, raconte Hélène Becquelin, son "coach mental".

"Quand j’ai commencé ma bande dessinée sans en faire un personnage, ça me rendait trop triste, parce que j’étais de nouveau plongée dans cet état d’âme de mes 17 ans où je n’allais pas bien. Et dès que je l’ai mis en place, il a amené un côté un peu fun à la bande dessinée", explique Hélène Becquelin à la RTS.


La rencontre avec le punk

Sa vie de famille est plutôt harmonieuse, même si on sent que quelque chose est en train de se disloquer, les frère et sœur se préparent à quitter le nid… mais il règne une compréhension, une tolérance, une acceptation de la jeune Hélène. En revanche, à l’extérieur, rien ne lui correspond: ni les petites parties de fumette dans les caves, ni l’école et ses bonnes sœurs, ni les élèves soumises, ni celles qui "s’émancipent".

« Brigitte se la pète parce qu’un mec de plus de 18 ans vient la chercher à l’école. Mais ce type a la répute d’être tellement crétin qu’il ne peut se taper que des filles bien plus jeunes que lui. Se faire tringler par un bofiaud sur la banquette arrière d’une Opel Manta, bof, bof… » Extrait de "1979", Hélène Becquelin

Mais heureusement, il y a la rencontre avec cette musique punk dont la rage et la liberté (et les interprètes) vont lui montrer la voie d’un autre monde. Pour raconter cette rencontre, une planche, une double page très belle, où tout à coup l’artiste échappe à la pesanteur du quotidien et de la solitude: elle écoute Joy Division, est littéralement transportée, elle s’envole!

« En dessinant certaines scènes, je me suis retrouvée comme à l’époque, quasiment sortie de mon corps, presque une sorte de mini-transe… voilà pourquoi c’est chouette de dessiner, on est dans notre petit monde » Hélène Becquelin


Départ pour la "métropole"

C’est la musique qui pousse Hélène Becquelin à sortir de la ville de Saint-Maurice (VS). Elle va se rendre à Lausanne, la "métropole", la "grande ville" qu’elle voit dans "1979" très grande, un peu inquiétante, et en même temps riche de promesses… musicales mais pas seulement!

Restée une passionnée, elle continue de débusquer des nouveaux talents, de participer à des concerts en Suisse romande et bien au-delà, et à partager avec générosité ses goûts et émotions.

Reportage d'Isabelle Carceles, site RTS-Culture, 16 septembre 2020

  

Hélène Becquelin, invitée de Nadine Haltiner dans l'émission du 12h30, RTS, radio la Première, 14 septembre 2020 >> écouter l'interview

 

Hélène Becquelin la joue cash avec les Clash
L'auteure d'«Adieu les enfants» raconte son adolescence solitaire et décalée dans «1979»

Sur la platine, elle a posé le troisième album des Clash, «London Calling», qu'elle venait d’acheter. Aux premières notes - quelque chose comme Wam! Wam! Wam! » -Hélène Becquelin a écarquillé les yeux. Puis tandis que les membres du groupe punk rock britannique envoyaient toute la sauce sur fond de «Taaadam, Tadaaam!» l'adolescente qu'elle était à la fin des seventies a cru voir les murs de sa chambre s'écrouler dans un grand fracas de batterie et de guitares. «J'ai vraiment ressenti cette impression d'ouverture sur quelque chose de différent. La musique des Clash a bouleversé mon existence> assure l'Hélène d'aujourd'hui en tirant d'un rayonnage le vinyle original, à la pochette usée à force de manipulations.

Des rifts en rafale

Dans un coin de son atelier installé à l'intérieur de l'ancienne chambre de son fils Boris, une pile d'exemplaires défraîchis de «Rock&Folk» témoignent de la passion de l'auteure lausannoise pour la musique de Joy Division, des Ramones, de Cure et autres The Specials. Sans oublier les Clash, évidemment. Autant de groupes dont les ritfs résonnent au fil des pages de «1979», son nouveau roman graphique, une BD épatante à la tonalité plus sombre que ses précédents ouvrages. En couverture, Hélène Becquelin s'y dessine avec un étrange Barbapapa géant en burqa, qui l'accompagne en permanence. «On peut le voir comme un ami imaginaire. Il m'autorise différentes ellipses. Mais il symbolise surtout mon mal-être.» Car en 1979, l'Hélène de seize ans n'en mène pas large. «j'étais en pleine crise d'adolescence, dépressive. Je me sentais seule, isolée.» Pas du tout comme ses copines de collège qui écoutaient Supertramp et s'en allaient mater les garçons après les cours. «Jusqu'à ce que je découvre ce qui me plaise, ça n'allait pas fort.» Elle qui se sentait plouc, va devenir punk. Ou plutôt «pounk» comme on di· sait à Saint-Maurice, la ville où elle a grandi, bourrée de militaires et de religieux. Aux Tuileries, un établissement scolaire réservé aux filles, des bonnes sœurs patrouillent dans les couloirs. Durant une «retraite religieuse» au Simplon, elles gratifient les élèves de cours d'éducation sexuelle. Mémorable soirée diapos, ponctuée de cette mise en garde: «Si vous faites l'amour avec des garçons, vous risquez de vous faire infecter par des maladies vénériennes!» Hélène, elle, ne s'en laisse pas conter. La petite provinciale au look BCBG se teint les cheveux en noir et se les coupe à la garçonne, pour mieux ressembler à ses idoles. Les bonnes sœurs fuient en courant, effrayées. À la maison en revanche, ses parents acceptent plutôt bien la mutation de leur fille. «Ils ont toujours été supercool. Les Clash ou les Ramones ne les intéressaient pas, mais ils respectaient ce que j'aimais.» En famille, difficile de parler musique. Son frère aîné Fifi (ndlr: le futur dessinateur Mix&Remix) est branché Frank Zappa. Hélène abhorre. Sa cadette, Lolo, écoute les Bee Gees en boucle et réalise des chorégraphies avec leurs chansons: «Ah, ah, ah, staïyngue alaaïiiive!» Ambiance ... «En réalité, j'ai un peu déformé la réalité pour les besoins de la narration», avoue l'Hélène de 2020. «Mon frère et ma sœur constituent des alibis qui me permettent de montrer les autres courants musicaux de l'époque. Réellement, j'ai fini par contaminer tout le monde avec mes goûts. C'est Fifi qui m'a acheté mon premier vinyle des Clash (ndlr: le fameux «London Calling»), Ça lui a tellement plu qu'il est retourné au magasin de disques en chercher un pour lui!»

La force de la musique

De l'authentique pas piqué des hannetons et du presque vrai teinté d'humour, Hélène Becquelin en a plein la besace. Comment s'est-elle remise en mémoire des faits remontant à plus de quarante ans? «La musique aide beaucoup. J’ai réécouté des titres de différents albums et j'ai replongé instantanément dans cette époque. Le dessin possède lui aussi cette force. Certains événements sont revenus sous mon crayon sans que je m'y attende.» À l'aise dans ce registre, l'auteure de «1979» n'en a pas fini avec l'autobiographie. Dans un coin de sa tête, elle songe déjà à son prochain roman graphique. «J’évoquerai ma vie de jeune adulte. Ça va pas mal parler de séduction. De sexualité aussi. Et de concerts forcément … »

Philippe Muri, Tribune de Genève, Samedi-dimanche 12-13 septembre 2020

Hélène Becquelin, invitée de Nadine Haltiner dans l'émission du 12h30, RTS, radio la Première, 14 septembre 2020 >> écouter l'interview