Nouvelles Questions Féministes, Vol. 21, No 1

NQF change!

Patricia Roux, Fabienne Malbois, Françoise Messant-Laurent, Marianne Modak, Gaël Pannatier, Céline Perrin, Magdalena Rosende, Marilène Vuille (éds)


2002, 145 pages, 13 €
17,00 CHF
Réf.: 2-940146-24-1
Après deux ans de suspension, la revue Nouvelles Questions Féministes reprend cette année avec de nouvelles forces. Fondée notamment par Simone de Beauvoir et Christine Delphy, d'abord sous le nom de Questions Féministes en 1977, puis sous celui de Nouvelles Questions Féministes, cette revue francophone de portée internationale constitue une ressource importante pour la réflexion des militantes, des chercheuses et des enseignantes féministes. NQF se dote désormais d'un comité de rédaction franco-suisse, sous la responsabilité de Christine Delphy (CNRS, Paris) et Patricia Roux (Université de Lausanne, Suisse). Incluant près de cinquante femmes, celui-ci veut être le carrefour d'expériences multiples: par les ancrages disciplinaires de ses membres (sociologie, histoire, littérature, sciences politiques, anthropologie, philosophie, droit), par sa composante intergénérationnelle (plus de la moitié n'ont pas la trentaine ou à peine), par la diversité des formes d'engagement dans lesquelles les membres sont investies. La revue demeure fidèle à sa ligne théorique et politique, et continue à se consacrer au développement et à la diffusion de réflexions ancrées dans les mouvements et les actions féministes. Par ailleurs, elle se donne également pour objectif de renforcer la légitimité scientifique des Etudes Genre et de contribuer à leur reconnaissance.

Après deux ans de suspension, la revue Nouvelles Questions Féministes reprend cette année avec de nouvelles forces. Fondée notamment par Simone de Beauvoir et Christine Delphy, d'abord sous le nom de Questions Féministes en 1977, puis sous celui de Nouvelles Questions Féministes, cette revue francophone de portée internationale constitue une ressource importante pour la réflexion des militantes, des chercheuses et des enseignantes féministes. NQF se dote désormais d'un comité de rédaction franco-suisse, sous la responsabilité de Christine Delphy (CNRS, Paris) et Patricia Roux (Université de Lausanne, Suisse). Incluant près de cinquante femmes, celui-ci veut être le carrefour d'expériences multiples: par les ancrages disciplinaires de ses membres (sociologie, histoire, littérature, sciences politiques, anthropologie, philosophie, droit), par sa composante intergénérationnelle (plus de la moitié n'ont pas la trentaine ou à peine), par la diversité des formes d'engagement dans lesquelles les membres sont investies. La revue demeure fidèle à sa ligne théorique et politique, et continue à se consacrer au développement et à la diffusion de réflexions ancrées dans les mouvements et les actions féministes. Par ailleurs, elle se donne également pour objectif de renforcer la légitimité scientifique des Etudes Genre et de contribuer à leur reconnaissance.

Edito 

  • Questions féministes: des nouvelles de Suisse (Patricia Roux)

Grand angle 

  • Au delà des apparences. Système de genre et mises en scène des corps lesbiens (Céline Perrin et Natacha Chetcuti)
  • Le sentiment d'insécurité des femmes dans l'espace public: une entrave à la citoyenneté  (Marylène Lieber)
  • Intimités piégées. La violence conjugale en Suisse (Jacqueline De Puy, Lucienne Gillioz et Véronique Ducret)
  • Les paradigme de l'égalité/différence et du sexe/genre. Ou Les deux réponses du féminisme occidental à l'énigme de la "différence des sexes" (Fabienne Malbois)

Champ libre 

  • Une guerre pour les femmes afghanes (Christine Delphy)

Parcours

  • Autour de la 5e Rencontre lesbienne féministe latino-américaine et des Caraïbes (Rio de Janeiro, mars 1999).
  • Lesbianisme noir au Brésil. Interview de Neusa Das Dores Pereira et Elizabeth Calvet, organisatrices de la rencontre (Jules Falquet)

Comptes rendus

  • Notes de lecture: "Christine Delphy: Penser le genre" (Françoise Armengaud)

Collectif

  • Les femmes passent à l'Attac (Evelyne Rochedereux)

Renaissance d'une revue féministe

 Nouvelles Questions Féministes (NQF) a trouvé en terre vaudoise-et même romande-le terreau fertile nécessaire à sa renaissance. Fondée notamment par Simone de Beauvoir et la sociologue Christine Delphy, en 1977, la revue scientifique française consacrée à l'étude des rapports sociaux entre les sexes a été suspendue à fin 1999, faute d'énergie et de moyens financiers suffisants. "Ici, nous étions nombreuses à vouloir faire une revue, avec des préoccupations théoriques et pratiques, puisque la plupart d'entre nous sont aussi engagées sur le terrain, raconte Patricia Roux, professeure en études genre à l'UNIL. Nous avions les moyens de relever le défi et nous avons lancé casino online une collaboration franco-suisse."

 Rédaction élargie

 C'est ainsi que la revue a repris vie à Lausanne. Edité par Antipodes, le premier numéro nouvelle version a été réalisé par le Laboratoire interuniversitaire en études genre (LIEGE). Les Françaises restent partie prenante, mais le comité de rédaction a été élargi. Il réunit 47 femmes, dont la majorité provient de toute la Suisse romande ainsi que de Berne, "afin de créer un pont avec la Suisse alémanique". Quant à la direction de la publication, elle est assurée conjointement par Christine Delphy et Patricia Roux.

La nouvelle formule de NQF vise aussi à mettre en valeur le travail des jeunes chercheuses. Ainsi, le premier numéro dans sa version romande comporte les publications de deux doctorantes lausannoises. Thèses et mémoires trouveront régulièrement leur place dans les pages de la revue. "Il faut encourager les jeunes qui veulent mener à bien un travail critique et novateur", souligne Patricia Roux.

Lancement symbolique

 Cette place faite aux jeunes (la moitié de l'équipe a moins de 30 ans) vise également à assurer la relève. Celle-ci s'annonce d'ailleurs bien: la renaissance de NQF suscite un véritable enthousiasme. Il est vrai que le féminisme connaît un joli renouveau depuis la grève des femmes, le 14 juin 1991. Et c'est cette date symbolique qui a été choisie afin de lancer la revue. […]

Anne-Isabelle Aebli, 24 Heures, 12.06.2002

C'est une nouvelle version de la revue Nouvelles questions féministes qui voit le jour: ce rajeunissement augure d'un nouveau point de départ. Le graphisme, mais aussi la taille largement augmentée ne sont que les signes ostentatoires de transformations plus profondes. Non que la revue change de problématiques et d'orientations théoriques, elle demeure en cela fidèle à elle-même, mais l'équipe et les modalités d'élaboration et de conception sont revivifiées. Plus importante en nombre, l'équipe qui prend le relais, sous la conduite d'un groupe de recherche suisse, vient régénérer les méthodes et les angles de vue. Ainsi, de nouveaux domaines d'étude, de nouveaux auteurs, une revitalisation vient concrétiser l'élan. Le passage de relais est assez rare dans ce type de publication pour être souligné. Que les fidèles lecteurs et lectrices se rassurent, on y retrouve les fidèles, et Christine Delphy est bien présente, notamment par un article sur les femmes afghanes et par une analyse de ses livres signée Françoise Armengaud. Mais d'autres auteurs s'intéressent aussi au sentiment d'insécurité chez les femmes dans l'espace public, à la mise en scène des corps lesbiens et à ses conséquences sur le système de genre, à la violence conjugale en Suisse ou encore aux approches de la différence des sexes par les divers courants du féminisme occidental. Plus que jamais la revue s'impose comme un outil de communication des recherches les plus avancées dans le champ du féminisme francophone. Souhaitons longue vie à cette revue stimulante qui avance à la fois dans le champ de la recherche et de rengagement militant des outils novateurs et irremplaçables.

Bulletin critique du livre en français, no 642, 2002