Au pied de la forteresse

Rencontres au Maroc, aux frontières de l’Europe

Johannes Bühler. Traduction de Marie-Noëlle von der Recke et dessins de Marina Grimme


2016, 276 pages, 30 chf, 24 €
30,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-125-4
Sous forme de reportage, l'auteur donne la parole à une quinzaine de personnes bloquées au Maroc dans leur voyage désespéré vers l'Europe. Au travers de leurs récits authentiques et plein de suspens, ils nous montrent comment leur histoire est inéluctablement liée à la nôtre, tandis que se dessine avec réalisme une image du contexte dans lequel des milliers de migrants partent chaque année, dans de petites embarcations, à la recherche du bonheur qu’ils pensent trouver de l’autre côté de la mer.

Au pied de la forteresse reprend les récits de quinze hommes et femmes qui ont échoué au Maroc parce qu’ils rêvaient d’une vie meilleure. Piégés, ils ne peuvent ni aller en Europe, ni retourner dans leur pays.

Alors qu’ils doivent lutter chaque jour pour trouver quelque chose à manger, ils risquent d’être victimes des brutalités de la police et d’être expulsés dans le désert. C’est que le royaume marocain, pour le compte des pays européens, verrouille hermétiquement sa frontière nord – par tous les moyens…

Les voyageurs décrivent leur fuite, leurs périples éreintants et risqués, leurs soucis et leurs souffrances, leurs rêves et leurs espoirs: leur survie au pied de la forteresse européenne.

Ces témoignages montrent comment leur histoire est inéluctablement liée à la nôtre.

 

Extrait

Amadou: ”Bienvenue à Douardoum. C’est un bidonville. On est nombreux ici. Et chacun est venu avec son propre but. Nous, par exemple, nous sommes venus par le désert. Notre vie, c’est encore une autre histoire. Et cela fait mal de s’en rappeler pour la raconter. Ce n’est pas facile. Car nos histoires sont des histoires vraies. J’ai vu pas mal de choses. J’ai fait le désert. J’ai fait la Libye. J’ai fait l’Algérie. Le désert est tellement grand que si ton camion tombe en panne, tu meurs. J’ai vu des corps déposés sur le chemin, avec leur passeport sur la poitrine. Franchement, ça te rend fou. Mais je suis en vie. Je suis encore ici.
Je te dis, ce n’est pas facile du tout. Tu vas écrire ce livre, et tout ça – mais moi, qu’est-ce que je reçois en retour? Tout ce que je vais te raconter, je l’ai vécu. C’est pas des histoires. Je m’appelle Amadou Koné. Je suis ici, comme on l’appelle, un migrant comme les autres. Je suis venu pour pouvoir traverser. C’est pour ça que je suis ici. Depuis cinq ans. J’essaie de me débrouiller avec des petits travaux comme aide-maçon. À 50 dirhams (5 euros) par jour. Quand on a besoin de moi, on m’appelle. S’il n’y a pas de travail, je suis à la maison. On vit au jour le jour. C’est Dieu qui nous guide ici. Sinon, pas grand-chose.
J’ai quitté la Côte d’Ivoire quand la guerre a éclaté. C’était en 2002. Ils ont tué ma famille, parce que nous étions du Nord (…).” 

 

Lecture d'un extrait du témoignage de Jeanne, par Boubacar Samb (Salon du livre de Genève 2017)

  • Amadou
  • Bienvenue
  • Les trésors du roi
  • Amin
  • Des mots comme des plumes
  • Naomi
  • Excellente coopération
  • Massamba
  • J’y arriverai
  • David
  • Entre les mains des tortionnaires
  • Félix
  • C’est dur de lutter ici
  • Marouane
  • Il y a de la place au paradis
  • N’diaye
  • Des pierres lancées sur des bateaux
  • Serge
  • Pourquoi nous font-ils ça?
  • Jeanne Tu peux un peu m’expliquer l’Europe?
  • Moussa
  • La mer ne nous avalera pas
  • Nadine
  • Ce baiser au monde entier
  • Lamin
  • L’enclave
  • Sohir
  • Sans que personne ne compte les morts
  • Giresse
  • Bibliographie