Les villes englouties

23,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-045-5
Serions-nous encore un être moral si nous possédions un pouvoir consistant à nous faire oublier des autres et de nous-mêmes? Si nos aspirations contradictoires trouvaient leur satisfaction, serions-nous encore capables de discerner le rêve de la réalité? La lecture est-elle une contagion et partageons-nous les crimes que nous lisons? À quoi ressemblerait la mort si nous pouvions lui serrer la main? La perte du langage serait-elle un retour au Paradis, une Chute ou autre chose par-delà le bien et le mal?

Serions-nous encore un être moral si nous possédions un pouvoir consistant à nous faire oublier des autres et de nous-mêmes? Si nos aspirations contradictoires trouvaient leur satisfaction, serions-nous encore capables de discerner le rêve de la réalité? La lecture est-elle une contagion et partageons-nous les crimes que nous lisons? À quoi ressemblerait la mort si nous pouvions lui serrer la main? La perte du langage serait-elle un retour au Paradis, une Chute ou autre chose par-delà le bien et le mal?

Oscillant entre essais et contes, ces récits explorent des régions inaccessibles à la raison, comme une pensée itinérante faisant glisser ses concepts, les faisant déborder le temps d'un voyage dans des villes englouties.

Les autres livres du même auteur

Le récit, forme et force

Raphaël Baroni, auteur de plusieurs volumes parus dans la prestigieuse collection "Poétique" aux éditions du Seuil (La Tension narrative, 2007; L’Œuvre du temps, 2009), est un des théoriciens du récit les plus importants d’aujourd’hui. Il s’est notamment distingué par ses lectures du "suspense" narratif et, plus généralement, du récit non pas comme structure achevée mais comme le dialogue pas à pas avec un lecteur qui ne connaît pas encore la fin de l’histoire.

À l’instar d’Umberto Eco, lui aussi séduit par la création après une longue période de réflexion théorique, Raphaël Baroni est devenu l’auteur de textes de fiction, dont un premier ensemble a été réuni dans Villes englouties (Lausanne, éd. Antipodes, 2011). On connaît les dangers auxquels s’exposent les théoriciens qui prennent la plume. Ou bien ils scindent carrément les deux pans de leurs activités, produisant des fictions qui ne sont pas à la hauteur de leurs travaux théoriques. Ou bien, ayant peur de se laisser aller et craignant de rester en deçà de leurs propres exigences, ils deviennent didactiques, n’offrant que des illustrations exsangues de leurs propres avancées en un autre domaine.

Ce double écueil, Raphaël Baroni l’évite avec brio. Il se plaît visiblement à inventer des histoires, entre lesquelles il parvient à construire de subtils échos (on ne sait pas, à la fin, si Villes englouties est un recueil de nouvelles ou une quasi-thèse de rhétorique à exemples intégrés). En même temps, ce plaisir de la fiction se voit enrichi de toutes sortes de discours d’escorte, soit au seuil des récits (Baroni a l’art de l’exergue), soit en marge (comme Borges, convoqué tout au long du livre, il aime également les postfaces), soit encore à l’intérieur des textes mêmes (les frontières se brouillent vite entre le récit comment&eac