La passion selon Charles-Henri Rapin ou le roman de soi

22,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-024-0
Le parcours engagé du gériatre Charles-Henri Rapin (1947-2008) est retracé dans ce roman biographique, basé sur des entretiens. Sa personnalité charismatique permet à l’auteure de mener une réflexion sur le moteur d’une passion pour le développement des soins palliatifs et la réduction de la douleur, l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées et de la justice sociale. Cette biographie se double d’une fiction qui questionne le travail biographique, exercice périlleux où la biographe court toujours le risque de se perdre entre la réalité et la fiction, entre la personne et son personnage, entre la mémoire et l’histoire.

"Elle se demande où tu puises tant d’énergie pour toujours t’en aller 'chanter' selon l’expression d’un de tes amis? D’où vient cette envie de porter sans cesse la 'bonne nouvelle', enseigner, t’adresser à un public que tu cherches à convaincre, à charmer aussi, être en représentation. Devant le constat de tant d’appétence à t’approcher des gens, elle se trouve soudainement taciturne, sauvage et solitaire à aligner des mots sur son ordinateur, seule dans sa chambre d’un hôtel parisien. Mais avec toi, elle a pris goût aux inventaires. Elle fait la liste des congrès où tu es invité, elle compte tes conférences données, tes articles publiés, tes prix reçus comme autant d’indicateurs de ta générosité. Avec toi, elle n’en finit pas de faire le tour de la terre."

La passion selon Charles-Henri Rapin ou le roman de soi est une biographie du gériatre Charles-Henri Rapin (1947-2008), effectuée à partir d’entretiens biographiques. Sa personnalité charismatique permet à l’auteure de mener une réflexion sur le moteur d’une passion pour le développement des soins palliatifs et la réduction de la douleur, l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées et de la justice sociale.

La biographie de Charles-Henri Rapin se double d’une fiction qui questionne le travail biographique, exercice périlleux où la biographe court toujours le risque de se perdre entre la réalité et la fiction, entre la personne et son personnage, entre la mémoire et l’histoire.

  • Préface de Claudia Mazzocato, palliative.ch
  • Prologue
  • Station I. Le rendez-vous de la deuxième fois
  • Station II. L’orée de la forêt
  • Station III. L’ogre biographique
  • Station IV. À la source de l’enfance
  • Station V. En plein vol
  • Station VI. Un aller-retour pour l’Italie
  • Station VII. Souvenirs du Léman
  • Station VIII. La taverne à credo
  • Station IX. À Cuba sous la pluie
  • Station X. En surplomb du lac
  • Station XI. Paris au mois de juin
  • Station XII. Sur le chemin de croisade
  • Station XIII. Le mécanisme Rapin
  • Station XIV. La quête du bonheur
  • Sources
  • Cahier de photographies

Charles-Henri Rapin, guérillero du grand âge

Pionnier de la gériatrie genevoise, ce fils de meunier a déployé une énergie considérable pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées avant de s'éteindre à 61 ans. Portrait

Tout gamin, en bon scout, il arpentait les rues de Carouge les bras chargés de provisions destinées aux vieux du quartier qui ne pouvaient plus se déplacer pour faire leurs courses. A ses heures perdues, il lui arrivait également de leur faire un peu de lecture ou de retaper leur maison. Qu'elles soient réelles ou qu'elles participent à la construction d'une légende personnelle, ces anecdotes témoignent d'une attention aux autres et d'une forme de philanthropie militante qui ont accompagné le professeur Charles-Henri Rapin (1947-2008) tout au long de sa carrière.

Patron du Centre de soins continus, de la Policlinique de gériatrie, puis du Centre interfacultaire de gérontologie (CIG) entre les années 1980 et 2000, ce fils de meunier a été le premier médecin gériatre en soins palliatifs de Genève et l'auteur du premier travail académique reconnu en Europe continentale dans cette discipline. Au-delà des titres, Charles-Henri Rapin a surtout lutté avec passion pour améliorer concrètement les conditions de vie des personnes âgées et pour briser un certain nombre de tabous entourant le grand âge. Portrait à l'occasion d'une double actualité: l'inauguration d'un centre de documentation portant son nom à l'Hôpital de Bellevue et la sortie de la biographie très sensible que Martine Ruchat, qui est aussi professeure associée à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation, consacre à ce personnage qui laissait rarement indifférent.

S'il n'était pas devenu médecin, Charles-Henri Rapin aurait certainement fait son chemin dans la politique. Fils de socialiste, c'est à gauche que penchent naturellement ses idéaux. Maoïste dans les années 1960, puis membre du Parti communiste mar