Usages de la violence en politique (1950-2000)

32,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-090-5
Dans nos sociétés où les conflits politiques sont censés se régler dans l’arène parlementaire et le peuple s’exprimer par les urnes, quelle est la place de la violence comme moyen de revendication? En Suisse, la démocratie directe, l’aisance économique, la sécurité, la neutralité sont supposées écarter l’utilisation de la violence. Pourtant, entre 1950 et 2000, le pays a fait face à de nombreux éclats de violence…

Dans nos sociétés démocratiques où les conflits politiques sont censés se régler dans l’arène parlementaire et le peuple s’exprimer par les urnes, quelle est la place, la valeur et l’appréhension de la violence comme moyen de revendication? En Suisse, la démocratie directe, l’aisance économique, la sécurité ainsi que la neutralité sont supposées écarter toute utilisation de la violence pour appuyer une démarche protestataire.

Pourtant, entre 1950 et 2000, le pays a fait face à de nombreux éclats de violence. Tout d’abord, ceux des séparatistes et des antiséparatistes jurassiens, puis ceux de mouvements d’extrême gauche et, enfin, ceux de mouvements d’extrême droite. Durant cette période, le pays a également été marqué par les attaques provenant de mouvements armés italiens et allemands, ainsi que par les attentats meurtriers planifiés par des organisations palestiniennes et arméniennes. Ces interventions violentes dans l’espace public helvétique viennent ainsi démentir le mythe d’une Suisse paisible et pacifiée.

Fondé sur les témoignages des acteurs de l’époque et sur des documents inédits de la police fédérale, cet ouvrage apporte une réflexion sur les continuités des épisodes de violences collectives, permettant ainsi d’appréhender les événements actuels. Il s’adresse à toutes les personnes qui s’interrogent sur les récents attentats et, de manière plus large, à l’utilisation de la violence dans les conflits politiques.

Préface de Michel Wieviorka

Préface

Michel Wieviorka       

Introduction      

  • Les multiples visages de la violence      
        Violence et mouvements sociaux      
        Extrémisme et violence      
  • L’identification des actions collectives violentes en Suisse      
        La violence invisible      
        Les sources      

1. Jura : le séparatisme par les armes      

  • L’escalade de la violence entre les séparatistes et les antiséparatistes      
  • Berne en embuscade dans la crise jurassienne: les émeutes de Moutier  
  • La fin de la lutte menée à l’explosif  
        Un dénouement tragique      
  • Conclusion      

2. Une extrême gauche explosive dans le carcan de la guerre froide     

  • Les derniers sursauts révolutionnaires     
  • Des anarchistes aux antinucléaires: un mouvement pluriel      
        Les interventions violentes des différents courants politiques   
  • L’engrenage des actions et de la répression      
        La traque des anarchistes     
        Pas de place pour la subversion à Winterthour   
        L’action violente: du romantisme au "terrorisme"
  • Rote Gallus: acte "terroriste" ou acte rhétorique?   
  • L’émergence d’un nouveau thème de lutte: les antinucléaires
        Une répression peu marquée  
  • Conclusion     

3. Le racisme décomplexé de l’extrême droite &nb

Carole Villiger parle de la violence politique en Suisse, dans Versus-penser (RTS2, 9.10.17). Ecouter l'émission

 

Dans la revue Le mouvement social 

Au commencement est le mythe tenace d’une Suisse îlot de tranquillité, épargnée par les conflits sociaux et politiques violents. Pour le déconstruire avec beaucoup d’efficacité, Carole Villiger analyse les différents usages de la violence en politique dans la Suisse des années 1960 à aujourd’hui. Son étude repose sur le dépouillement de précieux fonds d’archives dont certains étaient jusqu’alors inexplorés: archives fédérales, archives de l’Institut für Sozialkforschung de Hambourg et nombreux fonds d’organisations ou de militants. Treize entretiens menés dans une diversité de milieux sociaux et politiques concernés par son objet permettent de combiner les échelles et les approches en croisant analyses macropolitiques avec trajectoires individuelles. Ils autorisent une approche du coût individuel durable du recours à la violence, s’agissant en particuliers des condamnés à des peines de prison parfois longues.

Les trois premiers chapitres de l’ouvrage sont consacrés aux actions violentes ayant opposé séparatistes et antiséparatistes dans le canton de Berne à partir des années 1950 et durablement, à celles de l’extrême gauche à partir des années 1960 puis de l’extrême droite qui y recourt à partir du début des années 1980. Deux chapitres abordent ensuite les actions violentes menées en Suisse par les réseaux transnationaux européens entre les années 1970 et 1990 et les "coalitions transversales" qui se nouent autour des mouvements de décolonisation et de libération, avec une attention particulière pour les soutiens que des militants suisses ont apport&eac