L'émergence de la place financière suisse (1890-1913). Itinéraire d'un grand banquier

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Réf.: 2-940146-53-5
Entre la fin du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale, le paysage bancaire helvétique connaît une métamorphose profonde. Deux gestes politiques majeurs sont à l'origine de ce phénomène: le rachat, à partir de 1898, des principales compagnies de chemins de fer privés par la Confédération, et l'ouverture, en 1907, de la Banque nationale suisse. Un type d'institution jusque-là freiné dans ses pleines possibilités d'expansion recueille les meilleurs fruits du mouvement qui s'engage: celui de la grande banque commerciale moderne.

Entre la fin du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale, le paysage bancaire helvétique connaît une métamorphose profonde. Deux gestes politiques majeurs sont à l'origine de ce phénomène: le rachat, à partir de 1898, des principales compagnies de chemins de fer privés par la Confédération, et l'ouverture, en 1907, de la Banque nationale suisse. Un type d'institution jusque-là freiné dans ses pleines possibilités d'expansion recueille les meilleurs fruits du mouvement qui s'engage: celui de la grande banque commerciale moderne.

De Zurich et de Bâle, la voilà qui commence de tisser son premier réseau de filiales, qui se dispute la fine fleur du monde industriel, mais qui s'adosse, aussi, à ses amies de Londres, Paris, Berlin, Vienne ou New York, pour développer ses affaires, tout en jouant des rivalités entre grandes puissances pour s'affirmer, déjà, sur les marchés d'Europe et du monde. La présente étude, fondée sur des archives privées inédites, retrace cette phase décisive de l'histoire bancaire suisse.

A l'analyse historique d'ensemble s'ajoutent les apports d'une démarche biographique et monographique originale: on y suivra la trajectoire d'un fils d'horloger graveur des montagnes neuchâteloises, Léopold Dubois, ex-instituteur devenu, vers 1900, l'un des principaux dirigeants bancaires helvétiques, et son action, jusqu'à la Première Guerre mondiale, auprès de l'établissement dont il devint le président, la Société de Banque Suisse, à Bâle (actuelle UBS), l'une des plus considérables banques commerciales de Suisse au XXe siècle.

Un destin exemplaire

L'histoire de la place financière suisse reste très lacunaire. Les archives des grandes banques sont souvent incomplètes et peu accessibles. Il ne fait aucun doute que l'affaire des fonds en déshérence a marqué un tournant. Il est désormais un peu plus aisé d'avoir accès aux fonds des grands établissements, d'où l'intérêt de l'ouvrage qui vient d'être publié par Malik Mazbouri sur l'émergence de la place financière suisse entre 1890 et 1913.

Pour le grand public, le succès des banques suisses est le résultat du fameux secret bancaire tel qu'il fut défini dans les années trente. En réalité, l'émergence de la place bancaire helvétique est bien antérieure. Deux évènements du début du XXe siècle furent ici décisifs.

Tout d'abord le rachat des chemins de fer privés par la Confédération à partir de 1898 qui aboutit à la création des CFF. Cette opération fut d'une envergure colossale pour l'époque, elle coûta plus d'un milliard de francs. Elle nécessita une réorganisation profonde du marché de la dette publique, avec la création du cartel des banques suisses une année auparavant et du syndicat d'émission des banques en 1911.

L'autre évènement d'importance fut la création de la banque nationale suisse en 1907 qui mit fin au pouvoir d'émission détenu par 36 banques différentes. Le franc faisait alors partie de l'union monétaire latine qui groupait plusieurs pays, dont la Belgique et la Grèce autour de la France. Les devises nationales étaient utilisables dans tous les pays de l'union. Cet euro avant la lettre favorisait les établissements de crédit français, florissants dans notre pays jusqu'en 1914. La guerre mit fin à cette construction.

Malik Mazbouri nous raconte cette histoire à travers un banquier, Léopold Dubois, Neuchâtelois, fils d'un graveur sur montre. Instituteur, il devient directeur de la banque de son canton avant d'être le premier Romand à la direction génér