L’assurance chômage en Suisse

28,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-077-6
Qu’est-ce que chômer? Pourquoi introduire une assurance chômage? En quoi la participation des caisses syndicales à la gestion de l’assurance influence-t-elle la politique fédérale? Quels sont les intérêts du patronat à soutenir le principe d’une assurance chômage? Quels sont les impensés de l’assurance chômage, notamment ce qui concerne le travail féminin? Voici quelques-unes des questions auquel ce livre répond. Premier ouvrage complet sur l’histoire de l’assurance chômage en Suisse, il permet de comprendre son organisation actuelle, à travers l’analyse du rôle qu’ont joué les organisations syndicales et patronales dans son développement.

L’histoire de l’assurance chômage débute peu après la fin de la Première Guerre mondiale. La structure choisie en 1924, encore pérenne près d’un siècle plus tard, se caractérise par une gestion décentralisée et partiellement privatisée de l’assurance. À l’époque, les caisses syndicales, largement majoritaires, sont acculées financièrement et acceptent un subventionnement de l’État qui leur est particulièrement défavorable. Entre 1924 et 1977, l’assurance reste facultative et seul·e·s les salarié·e·s cotisent. La loi actuelle sur l’assurance chômage et insolvabilité est quant à elle introduite en 1982.

Le livre analyse le rôle qu’ont joué les organisations syndicales et patronales dans le développement de l’assurance chômage. Il montre les conséquences de la participation syndicale à la gestion de l’assurance et les enjeux politiques et sociaux liés à chacune des réformes de l’assurance.

Les chapitres qui composent ce livre permettent de se faire une idée précise des conflits qui ont émaillé l’histoire de cette assurance comme des consensus qui ont soutenu son développement, notamment celui sur la centralité de l’emploi et celui sur qui est responsable de l’indemnisation de la perte d’emploi.

Premier ouvrage complet sur l’histoire de l’assurance chômage en Suisse, ce livre basé sur une riche documentation comble une lacune et est appelé à devenir rapidement un livre de référence.

 

Introduction

I. La production d’un risque nouveau: le chômage (la loi fédérale de 1924)

  • Différencier chômage et pauvreté
  • Un processus international
  • L’organisation choisie en 1924
  • Le consensus autour de la nouvelle catégorie
  • Conclusion

 II. Une catégorie qui s’impose (1928-1938)

  • Ce que donne à voir la statistique du chômage
  • Une appréhension contrastée du risque chômage dans les cantons
  • La constance de la politique fédérale
  • L’imposition par l’État de la logique d’assurance
  • Conclusions

 III. La normalisation de l’assurance (1939-1945)

  • La stabilité statistique
  • Le partenariat social à l’agenda politique
  • La normativité de l’assurance
  • Conclusion

IV. L’institutionnalisation de l’assurance chômage (1946-1973)

  • Une nouvelle institution, l’assurance chômage (1951)
  • Une assurance sans chômage
  • La diminution du nombre de personnes assurées
  • Conclusion

V. L’avènement de l’assurance sociale (1974-1982)

  • Un seul agenda, mais des objectifs différents
  • La question de la citoyenneté sociale
  • Les caractéristiques d’une assurance sociale
  • Les principes de la loi
  • Conclusion  

Conclusions

Dans la Revue belge de philologie et d'histoire

La Suisse et la Belgique, deux petits pays multilingues situés à cheval sur les mondes latin et germanique, pourraient faire l’objet d’intéressantes comparaisons historiques. En quoi leurs cheminements économiques, sociaux et institutionnels sont-ils semblables ou divergents? Parmi les nombreux champs de comparaison possibles figure sans aucun doute l’assurance chômage. Tant la Suisse que la Belgique ont joué un rôle pionnier dans la mise au point des premières institutions de soutien aux chômeurs; la première avec ses caisses municipales d’aide aux sans-travail, la seconde avec le fameux "système de Gand", un mécanisme de soutien financier public des caisses de chômage libres.
Jean-Pierre Tabin, professeur à l’Université de Lausanne, et Carola Togni, doctorante à l’Université de Berne, ont eu l’heureuse idée de consacrer un livre à l’évolution de cette importante branche de la protection sociale en Suisse. Leur ouvrage ne sera pas seulement utile aux lecteurs helvétiques, mais également aux chercheurs étrangers, qui disposent dorénavant d’une étude fouillée et bien écrite sur le sujet. Les auteurs ne se sont pas contentés de consulter les sources officielles publiées; ils ont en outre largement puisé dans les archives de plusieurs organisations patronales et syndicales. Saluons, au passage, la vigueur éditoriale des éditions Antipodes, qui ont construit un beau catalogue d’ouvrages relatifs à l’histoire sociale suisse. Le présent livre y fait belle figure.
Nos propres travaux sur l’histoire de l’assurance chômage en Belgique1 nous incitent à comparer quelques aspects de l’évolution dudit système dans les deux pays. Après l’échec des expériences de caisses municipales lancées par Berne, Saint-Gall et Bâle à la fin du XIXe siècle, le système instauré à Gand en 1900 sous l’impulsion de l’avocat libéral Louis Varlez, semblait promis à un bel avenir. Dans cette industrieuse vi