Les shrapnels du mensonge

46,00 CHF
Réf.: 978-2-88901-109-4
Tous les vecteurs culturels sont mobilisés par les sociétés belligérantes durant la Grande Guerre pour convaincre de la légitimité de leur combat. L’opinion publique helvétique s’engage elle aussi dans cette lutte symbolique. Utilisant l’action allemande comme pivot, cet ouvrage cherche à déterminer les mécanismes d’acceptation et de refus que les élites helvétiques ont progressivement actionnés face aux assauts des propagandes, ces "shrapnels du mensonges".

Loin de se limiter aux champs de bataille, la Grande Guerre se livre aussi, à l’arrière et dans les pays restés neutres, au nom de la civilisation ou de la Kultur contre la barbarie adverse. De la dépêche au pamphlet, de l’affiche à la conférence, du théâtre au cinéma, du jeu pour enfants à la publicité, tous les vecteurs culturels sont mobilisés par les sociétés belligérantes pour convaincre de la légitimité de leur combat.

Entre 1914 et 1918, l’opinion publique helvétique est partie prenante de la lutte symbolique engagée par les puissances belligérantes. Utilisant l’action allemande comme pivot, cet ouvrage cherche à déterminer les mécanismes d’acceptation et de refus que les élites helvétiques ont progressivement actionnés face aux assauts des propagandes, ces "shrapnels du mensonge".

En dépit des critiques que leurs manoeuvres généraient, les propagandistes n’ont jamais cessé de croire à la nécessité de leur action dans ce conflit "total". La culture suisse, par son rôle de plaque tournante européenne, a dès lors représenté un théâtre imaginaire de la guerre où les belligérants ont tenté de promouvoir une image irréprochable d’eux-mêmes, une image qui s’est révélée, une fois la paix revenue, largement déréalisée.

Très bien rédigé et richement documenté, ce livre est augmenté d’un important corpus d’images et de films d’archives disponibles en ligne.

Introduction      

  • L’embrigadement moral des neutres
  • Propaganda et Aufklärung
  • Les propagandes face à l’opinion
  • Un riche corpus de sources      

Partie 1
Entre discorde et concorde

1. Les pommes de la discorde      

  • La force d’attraction allemande
  • Les -philies s’en vont en guerre      

2. Une déflagration spontanée      

  • Les civils au garde-à-vous
  • Une institutionnalisation à contretemps
  • "Sentir battre le pouls de cette Europe en guerre"

3. Les voix de la concorde     

  • L’appel au calme helvétiste
  • La réaction de la Confédération
  • Mai 1915, une plaque tournante

Partie 2
L’installation d’un réseau de propagande

4. Institutions, acteurs et idées

  • Structures et géographie de la propagande
  • En terrain miné: l’action dans le monde latin     
  • Le soutien des réseaux indigènes     
  • Effet miroir: les thèmes de propagande     

5. Vénalité et connivence du monde de la presse     

  • Une "avalanche de papier" en Suisse alémanique 
  • Les agences, nerf de la guerre d’information   

6. Les publics cibles de la presse spécialisée  

  • Guerre imaginée, guerre d’images
  • Une presse dominicale "dénationalisée"?

 7. La plume, la parole et les images  

  • Wyss et Payot, un combat littéraire
  • Des formes secondaires de propagande     

Partie 3
Totalisation et massification

8. Mouvements de bascule     

  • Pertes et profits de l’affaire des colonels   
  • L’offensive à tout prix     

9. Grandeur et d

Alexandre Elsig parle des "Shrapnels du mensonge" dans Forum (RTS, 20.2.17). Ecouter l'émission

 

L’appétit de la propagande allemande

Durant la Grande Guerre, l’Empire allemand a déployé une folle énergie pour gagner la Suisse à sa cause 

L’exposition s’ouvre à la fin août 1917 en présence de 400 invités. À Berne, la diplomatie allemande a fait construire un gigantesque pavillon, destiné à accueillir l’exposition du Werkbund allemand, une association d’arts appliqués. L’événement illustre la folle débauche d’énergie déployée par la propagande allemande durant toute la Première Guerre mondiale en Suisse.

Cet effort de guerre d’un nouveau genre a été passé sous la loupe par Alexandre Elsig, qui y a consacré sa thèse de doctorat en histoire contemporaine à l’Université de Fribourg. "Durant la Grande Guerre, tout le champ culturel suisse est pollué par les propagandes étrangères. Le conflit n’est pas seulement militaire, mais aussi idéologique. Les États se battent pour la civilisation contre la barbarie", résume l’historien.

En tentant de gagner à leur cause l’opinion publique d’un pays neutre situé au coeur de l’Europe, les belligérants visent à obtenir la confirmation de la justesse de leur combat, à renforcer la cohésion de leur propre opinion publique et à affaiblir le moral de l’adversaire. Dès octobre 1914, la propagande allemande est chapeautée par une institution étatique, la Zentralstelle für Auslandsdienst.

Du papier aux arts

Occupant d’abord le champ littéraire&nb